Extraits

« - Suzel, cria Kobus, arrive ! Alors une petite fille blonde et rose, de seize à dix sept ans, fraîche comme un bouton d’églantine, les yeux bleus, le petit nez droit aux narines délicates, les lèvres gracieusement arrondies, en petite jupe de laine blanche et casaquin de toile bleue, parut sur le seuil, la tête baissée, toute honteuse. »

« Le vieux David , les yeux pétillants de joie, s’écria :

- Voilà ce qu’on peut appeler une jolie petite fille, et qui fera bientôt une bonne petite femme de ménage, je l’espère. »

« Voilà quinze ans que je vis tranquille avec ma vieille Kathel, que j’ai tout arrangé chez moi pour être à mon aise ; quand je veux me promener, je me promène ; quand je veux m’assoir et dormir, je m’assois et je dors ; quand je veux prendre une chope, je la prends ; si l’idée me passe par la tête d’inviter trois ou quatre, cinq amis, je les invite.
Et tu voudrais me faire changer tout cela ! tu voudrais m’amener une femme, qui bouleverserait tout de fond en comble ! Franchement David, c’est trop fort ! »



« - Toi ! s’écria David. Eh bien, écoute ceci, Kobus ; je n’ai jamais fait le prophète, mais, aujourd’hui, je prédis que tu te marieras. 
- Que je me marierai, ha, ha, ha ! David tu ne me connais pas encore. 
- Tu te marieras ! s’écria le vieux rebbe, en nasillant d’un air ironique, tu te marieras ! 
- Je parierais que non. 
- Ne parie pas, Kobus, tu perdrais. 
- Eh bien, si !… je te parie…voyons…je te parie mon coin de vigne de Sonneberg ; tu sais, ce petit clos qui produit de si bon vin blanc, mon meilleur vin, et que tu connais, rebbe, je te le parie… 
- Contre quoi ? 
- Contre rien du tout. »

« Un vieux garçon de trente-six ans amoureux d’une petite fille de dix-sept, quelle chose ridicule ! se disait-il. Voilà donc d’où venaient tes ennuis, Fritz, tes distractions et tes rêveries depuis trois semaine ! »

« Mettez que le rebbe David donne à Sûzel, en dot, les trois arpents de vigne …. »